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Témoignage de Marie qui a eu une môle partielle

  • Marie
    Marie

    le 12/05/2021 à 18:43 Citer ce message

    Je m'appelle Marie mon conjoint c'est D. Cela fait bientôt 10ans que nous sommes ensemble. Nous nous sommes rencontrés alors que nous étions tous jeunes. nous pensions tous les deux que notre histoire ne serait qu'une histoire de vacances et nous voilà aujourd'hui plus amoureux que jamais.
    Quand nous sommes partis de chez nos parents, nous nous sommes installés ensemble très rapidement. En 2015 après 4 ans, nous décidons d'acheter un appartement et de nous pacser ; s'ensuit le travail, les vacances, des voyages, de longues balades en moto, des rires, des partages, de l'amour. Puis c'est à la suite de très belles vacances en 2019 que nous prenons la décision de fonder une famille, on se sentait prêt. Je me souviens encore : nous étions en train de nager dans la piscine de l'hôtel où nous étions et je lui dis alors prêt ? Il m'a souri, m'a regardé et a mis la tête sous l'eau ; c'était sa manière à lui de me dire qu’il était prêt ( j'ai un homme peu expressif dans ses paroles mais tellement expressif dans son regard).

    C'était en juin 2019, fin août absence de règles je fais un test et voilà qu'il est positif.
    Première écho à 8 semaines petit cœur qui bat, des larmes qui coulent ; des larmes de joie. On le dit à notre famille, nous sommes tellement heureux qu'on a du mal à garder le secret jusqu'à la fin du premier trimestre. A partir de là je me sens très très fatiguée mais je me dis que c'est normal que le premier trimestre d'une grossesse est fatiguant avec les hormones... À 12 semaines on a rendez-vous pour l'écho du 1er trimestre. Nous rentrons dans la salle d'écho, elle pose la sonde sur mon ventre, il y a un silence. Je regarde mon chéri, je lui dis : « tu as vu on a l'impression qu'il s'est retourné » mais dans ma tête, je vois bien qu'il y a quelque chose d'un peu particulier, il a pas l'air d'avoir évolué et la position qu'il a, ne me semble pas normal... Et sans tarder la sage-femme nous regarde, nous dit : « j'ai pas une bonne nouvelle le cœur s'est arrêté ». Je m'effondre et là je m'excuse auprès de mon chéri, j'ai l'impression que c'est de ma faute, j'y crois pas, je me dis que décidément je ne serai jamais maman.. Et la sage-femme me dit : « l'évolution s'est arrêté environs à 8 semaines » et là c'est le choc car c'est la semaine où on a fait la première écho... Dans ma tête, je me suis dit : « j'ai porté mon bébé mort pendant 4 semaines »...Car oui même si à ce stade c'est un fœtus pour les médecins, c'était mon bébé pour moi.
    La sage-femme nous propose plusieurs alternatives mais je suis complètement ailleurs je n'arrive pas à y croire... C'est samedi, elle nous dit de revenir lundi « vous êtes sous le choc vous avez besoin de digérer la nouvelle pour prendre une décision lundi avec le gynéco de garde ». Le weekend passe, c'est très dur, mon chéri me dit qu' on en ressortira plus fort !
    Je choisis le curetage et pas le médicament car je n'ai pas le courage de voir ce qui sort avec le médicament et on n'est pas à l'abri d'un curetage si je n'ai pas évacué. Jusque-là, on pense à une fausse couche classique.
    Les jours, les semaines qui se sont écoulés après ont été assez dur. Mais on avance, on remonte la pente avec mon chéri et là je reçois un coup de fil de l'hôpital qui me dit : « vous avez rendez-vous avec un gynéco - telle date - pour qu'il vous explique les résultats du curetage ». On se rend au rendez-vous et là il me dit : « vous avez fait une môle hydatiforme : c'est ce qu'on appelle une mole partielle ». Et là je lui dis : « une quoi ? qu'est-ce que c'est ? qu'est-ce qu'il faut faire ? »…Enfin toutes les questions qu'on peut se poser à ce moment-là...
    On allait un peu mieux, ça faisait un mois et demi. Et là on se reprend ça dans la tête, on ne comprend pas ce qui se passe . En gros, on a décidé d'avoir un enfant, j'ai cru porter la vie alors qu'en fait je portais en moi une maladie trophoblastique. Trop peu connue, trop peu de forum, trop peu de soutien. En fait, on se retrouve complètement perdu. Et c'est ça qui est compliqué, c'est que les gens ne connaissent pas et que tu te retrouves perdu.. Le médecin qui m'a suivi n'était pas dans un accompagnement comme j'aurais aimé et en plus de ça j'ai appris récemment qu'il n'avait pas transmis mon dossier à Lyon ( le centre de référence des maladies trophoblastiques). Il a du se dire ce n'est qu'une môle partielle. Mais ce n'est pas qu'une môle partielle, c'est une souffrance, ce sont des mois de prise de sang, d’ attente, de douleur et de peur.

    Après 3 mois de prises de sang et un mois de négativité, nous avons pu avec mon chéri remettre en route notre désir d'enfant . Le plus dur a été l'attente de retomber enceinte et au final je suis retombée enceinte très rapidement, au mois de mai 2020. Je fais un test de grossesse et là il est positif ! J'ai un rendez-vous très rapidement, à 6 semaines de grossesse pour voir l'évolution. J'étais dans un état de stress immense mais la sage-femme qui s'est occupée de moi a été extraordinaire. Suite à la situation sanitaire, j'étais seule pour l' écho de datation, là elle me dit : « vous voyez ? » Je lui souris et je lui dis : « il y en a deux ? »
    Je fond en larmes de joie.
    La grossesse était stressante car forcément après une expérience comme celle que nous avons vécu avant on stresse davantage puis une grossesse gémellaire amène son lot de particularités et de stress.
    Et après 34 semaines plus un jour, mes deux petits garçons sont nés, des petits préma qui vont bien, qui sont en pleine santé. Aujourd'hui, ils vont avoir 3 mois et je suis la maman la plus heureuse du monde !
    S’il fallait en repasser par-là, où on en est passé, j'y repasserais car la vie m'a offert deux petites merveilles après cette épreuve. C'est une revanche pour nous. Mais je n'oublierais jamais ce petit bébé qui a été en moi.

    Pour les femmes qui traversent cette épreuve, qui ont des môles complètes, qui ont des traitements lourds , pour celles qui traversent des môles partielles, pour toutes celles qui traversent les épreuves de maladie trophoblastique : je vous souhaite du courage. Ne perdez pas espoir.
    Vous êtes des femmes courageuses , nous sommes des femmes courageuses.


    Faisons connaître cette maladie afin d'être mieux accompagnées mieux écoutées.

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