Créer un site internet

Témoignage d'Ariane qui a eu un choriocarcinome

  • Ariane
    Ariane

    le 12/05/2021 à 18:45 Citer ce message

    Peux-tu te présenter, et présenter ta famille ?

    Je m’appelle Ariane et j’ai 29 ans. J’habite au Québec. J’ai rencontré mon mari en 2013 et nous avons voulu fonder notre famille au début de 2018. Je suis rapidement tombée enceinte de notre petit garçon.
    Lorsque notre fils avait 10 mois, nous avons voulu agrandir la famille. Dès les premiers essais, je suis tombée enceinte à nouveau de notre deuxième petit ange.

    L’annonce de ta maladie trophoblastique, comment tu as su ?

    À 10 semaines de grossesse, des saignements m’ont amenée à l’urgence. Les médecins n’étaient pas inquiets parce que mon col de l’utérus était fermé et que mon taux de beta HCG était élevé. Ça ne ressemblait en rien à une fausse couche. On m’a toutefois prescrit une échographie d’urgence le lendemain, pour s’assurer que la grossesse se déroulait bien.
    Lors de l’échographie, nous avons clairement vu qu’il n’y avait plus de bébé dans mon ventre, malgré le fait que mon ventre était énorme. Les médecins pensaient que j’avais une grossesse ectopique. On m’a proposé un curetage pour déloger les débris de la grossesse ou des médicaments qui étaient très forts (les mêmes qu’on donne aux femmes qui font des fausses couches). Puisque je souhaitais continuer d’allaiter mon bébé de 12 mois, j’ai opté pour le curetage. Après l’analyse du placenta, à la suite du curetage, j’ai su ce qu’il en était réellement...
    4 jours après mon curetage, le gynécologue m’a appelée pour me demander de me rendre à l’urgence immédiatement. Il souhaitait me voir pour me parler de quelque chose... J’ai su que quelque chose n’allait pas à ce moment-là. Au téléphone, j’ai alors demandé au gynécologue si j’avais un cancer. Il m’a répondu : “Ça ressemble à ça...”. J’ai demandé si j’allais mourir, si j’allais perdre mes cheveux et je me suis effondrée en larmes sur le plancher de la cuisine. Quelques jours après avoir perdu un bébé, on m'annonçait que j’avais le cancer. C’était un choriocarcinome.

    Quel a été ton parcours ensuite ?

    J’ai dû ensuite passer plusieurs tests qui nous assurerait que le cancer se situait seulement dans l’utérus. Heureusement, j’avais un cancer de stade 1. On m’a prescrit de la chimiothérapie (Actinomycine D) à toutes les deux semaines, jusqu’à la négativité de mon taux de beta HCG. Ça aura pris 2 mois.

    Qu’est ce qui a été le plus dur ?

    Physiquement, les traitements ont été très difficiles. J’étais exténuée et j’ai perdu beaucoup de cheveux. Ça a également été très difficile sur le plan psychologique, puisque ce cancer est très rare et que je me sentais seule au monde à vivre avec une telle maladie. Le deuil du bébé a été et est encore très difficile.

    Que retiens-tu de tout ton parcours ?

    Il faut que ces maladies soient plus connues. Avant d’en être atteinte, je ne connaissais aucunement l’existence de ces maladies.

    Qu’est ce qui t’a aidé durant cette période difficile ?

    Aller voir ma psycho-oncologue m’a énormément aidée. Il faut accepter d’en parler ouvertement sans avoir honte de le faire.

    Si tu as eu recours à de la chimiothérapie, quels ont été tes symptômes ? as-tu des astuces ou des conseils à donner pour certains désagréments ?

    J’ai eu des nausées, de la fatigue extrême, un goût de fer constant dans la bouche et une perte de cheveux partielle. Je conseille de prendre les médicaments prescrits à prendre post-chimio. Ils sont essentiels afin que les effets secondaires soient moins désagréables.

    As-tu quelque chose à dire pour ces femmes, ces couples à qui on vient d’annoncer la maladie ?

    Restez forts dans cette immense tempête. Osez en parler, autant qu’il le faudra. C’est important de le faire pour apprendre à vivre avec cette épreuve difficile. Si vous avez besoin, je suis là, tout près pour vous soutenir dans cette épreuve.

    Y a-t-il quelque chose, un mot, une phrase, une situation qui t’a affecté ?

    J’ai eu l’impression de devoir gravir l’Everest par obligation. Aujourd’hui, je gravis des montagnes pour me rappeler que je suis en vie. (La grande ascension pour la rémission)
    Suivez-la sur Instagram: la.grande.ascension

Répondre à ce message